TFE · L’inclusivité sur le Web —Deep down We Go [2/4]

Alors que le projet ne donne l’impression d’avoir commencé qu’il y a si peu de temps, me voilà déjà plongé dans le cœur même de ce dernier, à travailler sur tous ses aspects en même temps en prenant des directions auxquelles je n’aurai pas pensé auparavant.

Bannière du deuxième Case Study.

Chapitre I — Contextualisation

Pour bien commencer la semaine, je conclurai les témoignages auprès des personnes concerné·e·s par l’écriture inclusive de loin ou de près. Tous se déroulèrent merveilleusement et m’apprirent davantage de choses que je ne puisse espérer. Je me servirais de certaines de leurs paroles / messages afin de « populer » la partie « témoignage », qui me permettrait de démontrer que l’écriture inclusive est extrêmement importante et qu’elle permet vraiment d’adresser sa parole à tout le monde indépendamment de l’identité de genre.

L’analyse des témoignages m’ouvrira la porte dont j’avais besoin pour trouver mon contenu et de comprendre les différentes choses dont j’avais besoin afin de contextualiser et présenter mon outil. C’est justement cette contextualisation qui jouera une grande partie du projet, car c’est elle qui permettrait d’introduire mon outil, mais aussi d’inviter les personnes non concerné·e·s à l’essayer. C’est ainsi que je proposerai, en outre, toute une liste non exhaustive de sites, de livres et d’autres lieux où l’on retrouve l’écriture inclusive comme étant la norme, et qu’ils emploient régulièrement au sein de leurs articles. Bien sûr, plus j’allais chercher et plus j’allais en trouver, mais je voulais me limiter à une poignée, pour ne pas surcharger l’utilisateur d’information (et aussi pour ne pas avoir un scroll infiniment long).

Parmi ceux que j’avais répertorié, je ne les sélectionnerai pas uniquement pour leur variété, mais aussi pour leur popularité et la largeur de leur audience, afin de vraiment montrer preuve à l’appui qu’il est possible de la démocratiser et de l’utiliser quotidiennement et même auprès d’un public plus large (comme c’est le cas notamment avec la Radio Télévision Suisse qui d’ailleurs élabora une campagne assez intéressante sur son adoption de l’écriture inclusive). Cela n’est bien sûr pas dans l’objectif de décrédibiliser ou de noircir les entreprises, sociétés, voire personnes qui emploient l’écriture inclusive tout en ayant un public plus restreint, mais de faire passer mon message à des personnes qui ne sont pas concerné·e·s avec des exemples qu’iels puissent peut-être reconnaître.

Liste regroupant quelques entreprises, collectifs, oeuvre (etc.) qui utilisent une forme d’écriture inclusive dans leur communication.
Voici quelques-unes des entreprises qui utilise une forme d’écriture inclusive dans leur communication.

Après contact avec certain·e·s de mes professeur·e·s, j’altérerai mon contenu afin de vraiment contextualiser non seulement mon outil, mais aussi l’écriture inclusive en général, permettant de faire comprendre le principe de mon projet aux personnes qui n’ont aucune idée de ce qu’il représente (en plus des exemples plus populaires que j’évoquais seulement quelques lignes plus haut).

Ceci me laissera penser que mon contenu actuel était le bon et que j’étais prêt à passer à l’étape suivante, c’est-à-dire me concentrer sur l’approche graphique.

Chapitre II— Approche Graphique

Je commencerai ainsi à dessiner, à travers la création de maquettes, une palette visuelle avec laquelle j’étais relativement satisfait.

Celle-ci consisterait, comme je l’avais expliqué dans mon Case Study précédent, en une approche beaucoup plus minimaliste, épurée et simple que mes premières illustrations composées d’aplats de couleur et de fontes très grasses.

Aperçu de la landing page, avec écrit en titre “Correction inclusive”, et en baseline “Outil de grammaire à la portée de tous·tes”.
Un aperçu de ma landing page.

Je ne conserverai pas l’idée de l’Art Déco qui, après réflexion, ne collait pas exactement avec le message que je voulais passer. Cela ne m’empêchera pas de conserver cette esthétique à base de traits géométriques et de couleurs neutres (les formes rondes étant censées, selon moi, rappeler le monde de la typographie que j’essaie d’instaurer au travers des points médians, mais il s’agit là d’une remarque plutôt subjective).

Ce que je trouvais le plus intéressant étaient les similarités que l’on pouvait distinguer avec les précédents projets auxquels j’avais participé, sur lesquels je ne m’étais pourtant pas réellement inspiré : on retrouve ces formes rondes, assez semblables aux planètes de l’atelier ILab, ces couleurs neutres qui m’évoquent l’atelier de Dataplay, ainsi que cette approche plus minimaliste et professionnelle, que j’avais tenté d’instaurer durant mon stage. Je trouve que cela pourrait apporter une touche finale à l’année, remémorant ainsi tous ces projets sans pour autant les citer et tout en gardant un aspect relativement original au projet du TFE.

La concertation auprès de certain·e·s professeur·e·s que j’évoquais dans le chapitre précédent m’entraînera également à assurer une homogénéité au sein de mes différentes images, et à pousser plus en profondeur l’approche graphique, et en me focalisant entièrement sur la typographie et le jeu que l’on peut faire avec un ensemble de lettres, jusqu’à remplacer les images préalablement collectées auprès des personnes interviewé·e·s par des avatars composés de lettres.

“Je m’identifie plus facilement avec l’écriture inclusive que sans.” — Jess, personne non-binaire et partisan·ne de l’écriture inclusive.
Un exemple de témoignage.

Je terminerai la création de maquettes l’une après l’autre, à l’instar de mon stage, jusqu’à couvrir l’entièreté des écrans dont j’avais besoin pour présenter et mettre en œuvre mon outil une fois passé au développement front-end.

En addition aux maquettes, je réaliserai un prototype fonctionnel censé représenter la page d’accueil et l’outil en plein action afin qu’elles soient testées de la remise du MVP qui arrive à grand pas. Il reste limité aux fonctionnalités qu’offre Figma, bien sûr, mais permet déjà de convenablement comprendre, selon moi, comment la correction fonctionne et comment naviguer sur le site. Dans le pire des cas, où l’utilisateur·trice ne comprenait pas le fonctionnement, son ressenti et son retour d’information ne peuvent m’être que positif afin d’améliorer mon outil et de le rendre aussi accessible que possible.

L’image dépicte un ensemble d’écrans tous reliés par des interactions les unes entre les autres.
Voici la partie prête à être utilisée qui représente l’outil en lui-même.

Chapitre III — Database

Concernant la partie développement du projet, j’ai pu réaliser, à partir de ma première base de données accouplée à un gigantesque lexique trouvé en ligne (que vous pouvez retrouver en cliquant sur le lien ici), ma propre base de données, regroupant les mots à traduire, leur genre et leur nombre, ainsi que leur version « inclusive ». Mais cela ne fut pas de tout repos : j’ai dû réaliser un algorithme très rudimentaire, mais parfaitement fonctionnel venant cibler la terminaison de chaque mot dans cette liste de 22.000 mots et rajouter par la suite sa version criblée de points médians.

Voici mon tableau comportant toutes mes données. On peut apercevoir une colonne remplie de mots genrés, avec leur alternative dégenrée juste à côté. D’autres paramètre sont visibles, comme le genre et le nombre du mot original.
Voici un exemple de tableau.

Ce gargantuesque tableau n’est pas pour autant parfait : après moult essais, je suis arrivé à convertir une grande majorité de mots s’y trouvant, mais il reste quelques erreurs à corriger, comme les exceptions aux règles grammaticales (« doux » et « jaloux », par exemple). Il reste, en outre à convertir les participes passés afin d’assurer une couverture totale du sujet.

Certaines craintes grandissaient en moi à ce sujet, car il m’était impossible de vérifier que ces 22.000 mots avaient été convenablement converti en leurs alternatives inclusives et que cette base de donnée dont j’ai emprunté une faible partie de son contenu était plutôt instable : certains accords de mots en fonction du genre et en fonction du nombre n’étaient pas présent, et les mots qui conservaient la même terminaison au masculin singulier comme au pluriel étaient tout simplement comptés sur la même case, parmi plusieurs autres problèmes que j’ai pu rencontrer.

Je vais, tant bien que mal, corriger le plus gros des erreurs en passant plusieurs heures à modifier mon code ou à purger et nettoyer le tableau que j’avais conçu directement dans Google Sheets, le diminuant, au passage, à 20.000 mots en supprimant tous les invariables en fonction du genre, pour obtenir un semblant de base de données en laquelle je pouvais avoir confiance (c’est à ce moment là que je vais découvrir qu’il était possible de coder directement en Javascript dans les programmes Google, à mon grand étonnement).
Mais cette idée de reconstruire ma propre base de donnée, bien sûr radicalement plus petite, mais plus résiliente et digne de confiance, réside au fond de mon esprit depuis quelque temps et je me tâte à finalement la mettre en application afin de me simplifier la tâche et d’éviter d’avoir d’autres erreurs par la suite.

Chapitre IV — Fin du deuxième acte

Parallèlement au rapport bimensuel précédent, c’est avec bien plus de clarté et de précision que je laisse ces deux semaines derrière moi. Non seulement ai-je finalisé mon contenu à un point où il me semblait convenable, j’ai déjà établi une approche graphique qui me plaisait et qui, selon moi, convenait au message que je voulais transmettre.

Maintenant était venue l’heure de mettre tout ça en œuvre au sein d’un site web, ce que je compte commencer dès le prochain rapport de stage.

Student in Web Design who enjoys typography and accessible interfaces.

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